Chargement...
Aller au contenu principal

Concept alternatif cyclable genevois

Réflexions du GTE sur les mesures cyclables provisoires mise en place par le Canton

Des aménagements réalisés en urgence et un défaut de communication

La crise sanitaire et ses conséquences en termes de mobilité ont entraîné la réalisation d’aménagements cyclables attendus depuis longtemps dans notre Ville qui n’était, il faut bien l’admettre, pas à la pointe dans ce domaine. Si le GTE salue l’initiative, il ne peut s’empêcher de constater une impression de précipitation dans la mise en œuvre. Ce sentiment est renforcé par la faible qualité des aménagements et le manque de communication autour de leur mise en place.

Des conséquences importantes sur les autres usagers

La réalisation de ces aménagements provisoires a permis de répondre partiellement aux besoins de mobilité cyclable. Toutefois, ces interventions ponctuelles, déconnectées des aménagements existants, ont été faites sans étude de l’impact de cette réorganisation de la chaussée. En effet, certains aménagements ont été réalisés sur des axes déjà saturés aux heures de pointe sans mesures liées comme par exemple la gestion du trafic dans les carrefours à feux, pour palier à la perte de capacité en section des rues concernées.

Une réflexion qui doit intégrer les besoins de l’activité économique

Le report modal en faveur de la mobilité douce est nécessaire dans les centres urbains pour réduire la congestion du réseau routier. Néanmoins il ne doit pas se faire au détriment des transports professionnels qui sont nécessaires à l’activité économique de notre ville. Des mesures d’accompagnement spécifiques doivent intégrer les besoins spécifiques de cette catégorie d’usagers.

La nécessité d’une approche globale et participative

Si le développement des infrastructures de mobilité douce est nécessaire dans notre ville, il se doit d’être pensé globalement et à travers une démarche participative permettant de prendre en compte l’ensemble des usagers, conformément à la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée (LMCE).

Sécurité, continuité et confort : trois éléments indispensables à l’attractivité du réseau cyclable

La hausse du nombre de cyclistes combinée à des aménagements de faible qualité est source de nombreux accidents de la circulation, notamment au niveau des intersections. Pour permettre un véritable report modal, l’attractivité du réseau cyclable doit être améliorée. Elle dépend de trois éléments essentiels : la sécurité, la continuité des itinéraires et le confort des aménagements.

Des réseaux hiérarchisés pour améliorer les conditions de circulation pour tous

La hiérarchisation des réseaux, qu’ils soient routier ou cyclable, a pour but d’attribuer aux axes principaux et secondaires des fonctions adaptées afin de répondre aux objectifs de la LMCE. Elle ne vise pas à pénaliser les usagers mais faire en sorte que le bon type de trafic circule sur le bon tronçon avec les aménagements correspondants à son niveau d’importance. Cette organisation vise à réduire les nuisances et s’accompagne de mesures complémentaires, comme par exemple la gestion du stationnement.

Une méthodologie d’intervention

Les impacts sur les autres modes de transports peuvent et doivent être anticipés. Pour cela, une méthodologie systématique doit être suivie en incluant les différentes parties concernées. Les aménagements cyclables s’insèrent dans une logique de développement de la mobilité douce. Une communication exposant la prise en compte globale du système et le rapport coût/bénéfice de l’aménagement permettra une meilleure compréhension de la part de la population.

Un réseau maillé couvrant l’ensemble du territoire

Le concept cyclable alternatif proposé relie les principaux points d’intérêts du territoire genevois par des aménagements adaptés et continus. Des mesures complémentaires sont nécessaires pour assurer un bon niveau de sécurité, tout en limitant les conflits avec les autres usagers de l’espace public.

Des mesures complémentaires favorisant les cyclistes et réduisant les nuisances pour les autres usagers

Le maillage du territoire par des aménagements cyclables de qualité s’accompagne de mesures complémentaires facilitant ainsi l’acceptation et la compréhension des nouvelles organisations de la chaussée par tous les usagers.

La réduction du trafic en centre-ville est liée à la baisse de l’offre en stationne- ment automobile mais également à des interventions sur la gestion du trafic (compartimentage des quartiers, régulation des carrefours). Ces actions répondent aux objectifs fixés tout en intégrant les besoins de l’ensemble des usagers.

Le levier principal : le stationnement

Le stationnement sur voirie est consommateur d’espace. De plus, selon sa gestion (durée et tarification) il peut être générateur d’un fort trafic lié à la recherche de place, notamment dans les secteurs denses. Ainsi, agir sur l’offre en stationnement permettra à la fois de réduire la demande en déplacement et de libérer de l’espace au profit des autres usagers.

Une augmentation significative du nombre de kilomètres d’aménagement dédiés aux vélos

Le développement de la mobilité douce est nécessaire en milieu urbain, néanmoins, il ne doit pas se faire au détriment des autres usagers. Le concept alternatif cyclable proposé densifie nettement l’offre en aménagements cyclables sur le territoire genevois. Une étude tronçon par tronçon reste nécessaire pour préciser les aménagements à réaliser.

La concertation : l’élément clé du développement d’un réseau cyclable sûr, attractif et confortable pour Genève

Pour qu’un réseau cyclable soit attractif, il est nécessaire d’assurer un haut niveau de sécurité par des aménagements confortables et bien entretenus. Mais il faut aussi impliquer dès les premières étapes de planification, l’ensemble des acteurs concernés.

Cette approche inclusive des besoins de chacun vise à construire un projet accepté et porté par tous. Le GTE est disponible pour participer, avec les autres acteurs concernés, au développement du réseau genevois de mobilité douce.